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Pourquoi vos chiffres ne concordent pas d'un outil à l'autre

Six causes concrètes d'écart, tirées d'un cas réel, et comment les repérer.

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Vous avez un chiffre dans Excel, un autre dans votre logiciel de gestion, et un troisième dans le rapport de la direction. Chacun est sûr du sien. Résultat : des réunions passées à se demander quel chiffre est le bon, plutôt qu'à décider.

Voici ce que j'ai observé dans un cas réel, et les six causes d'écart que l'on retrouve très souvent.

Le cas

Dans une PME agroalimentaire, j'ai construit un tableau croisé dynamique des ventes d'un client pour 2025. Je l'ai comparé aux statistiques du logiciel de gestion. Le chiffre d'affaires était identique dans les deux. Mais les quantités affichaient une quatre-vingtaine d'unités de trop, le poids total présentait près de dix kilos d'écart, et les prix moyens étaient complètement aberrants.

Quand le chiffre d'affaires est juste et que le reste ne l'est pas, c'est presque toujours un problème de construction du calcul, pas de données manquantes. Voici les six causes que j'ai trouvées.

Les six causes

  1. Un produit réparti sur plusieurs lignes. Un même produit expédié peut venir de plusieurs lots de fabrication. Dans la base, un jambon pouvait occuper onze lignes, une par lot. Sans traitement, mon calcul comptait onze produits au lieu d'un, et multipliait quantités et poids.
  2. Commandé ou livré ? Mon calcul de départ utilisait les quantités commandées. Or un client peut commander 90 unités et n'en recevoir que 60. Le logiciel de gestion affichait ce qui avait été livré, le mien ce qui avait été commandé.
  3. Des lignes à zéro euro. Certaines lignes correspondaient à des ajustements, avec un montant nul. Elles ajoutaient des quantités et du poids sans chiffre d'affaires, ce qui faussait tous les prix moyens.
  4. La mauvaise unité. Le système contenait deux unités : celle de l'article et celle de la facturation. Pour certains produits, l'article indiquait « pièce » alors que la facturation se faisait au kilo. En divisant le chiffre d'affaires par un nombre de pièces au lieu d'un poids, certains prix moyens étaient cinq à six fois trop élevés.
  5. Trop de détail dans les regroupements. Mon calcul groupait les ventes date par date. Pour un produit vendu huit fois dans l'année, j'avais huit lignes avec huit prix moyens. Le tableau croisé les additionnait, et affichait un total de plus de 70 € alors que le vrai prix moyen était inférieur à 9 €. On ne somme jamais des moyennes : on recalcule le chiffre d'affaires divisé par la quantité.
  6. Des dates qui ne coïncident pas. Un produit expédié en décembre 2025 et livré en janvier 2026 apparaissait sur deux lignes, une par année. Les totaux annuels ne correspondaient plus.

Dans le même projet, un autre écart, sur la valeur cette fois, venait de petites taxes (0,01 %) que le logiciel de gestion excluait et que le tableau croisé, lui, comptait dans la valeur globale de la facture.

Comment on les repère

  1. Choisir le chiffre de référence. Lequel fait foi : le logiciel de gestion, la comptabilité ? On compare toujours à lui.
  2. Comparer d'abord en gros, puis en détail. Total annuel, puis mois, puis produit, puis ligne. On descend jusqu'à trouver où l'écart apparaît.
  3. Une cause à la fois. On corrige, on recompare, on passe à la suivante. Corriger plusieurs choses d'un coup rend impossible de savoir ce qui a marché.
  4. Écrire la règle. Chaque cause trouvée devient une règle de calcul documentée : « on utilise les quantités livrées », « on exclut les lignes à zéro », « l'unité de référence est celle de la facturation ».

Cette dernière étape est la plus importante. Sans règles écrites, le même écart revient dans six mois, quand une autre personne refait le calcul.

Le même principe ailleurs

Dans un tout autre contexte, en banque, pour étudier le comportement de budget d'un échantillon de près de 10 000 contrats, j'ai posé des critères pour ne garder que les contrats exploitables : un nombre minimum d'opérations, un revenu minimal. Il en restait 4 486. Sans cette étape de tri, des valeurs aberrantes auraient faussé les résultats.

Le nettoyage des données est fastidieux, mais c'est lui qui rend les chiffres fiables.

Et chez vous ?

Si vos chiffres ne concordent pas, ce n'est presque jamais une fatalité : il y a des causes précises, qu'on peut trouver et écrire. En trente minutes, je peux déjà vous dire où chercher en premier.

Alexis Zueras, data analyst indépendant. Je rends vos chiffres fiables et lisibles.